The robe of love

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Semaine dernière, par un beau jeu du hasard (si le hasard existe) je me suis retrouvée, à 1h du matin à parler un peu d’amour, et depuis j’y pense, et repense, et ça m’a rappelé une belle histoire d’ «amour» que je ne vous ai jamais raconté, même si ça s’est passé il y’a de cela un an et 5 mois précisément …

J’étais parti à New York pour la deuxième fois, toute seule, j’entamais ce cycle de « voyages solo » afin que ma propre compagnie cesse de me faire peur, et j’avais décidé de prendre une chambre dans le loft d’une écrivaine américaine ( je ne connaissais pas son métier avant de réserver chez elle) .

Laura était très discrète, son loft était immense , et pour pouvoir le garder elle louait une ou deux chambres de temps à autre. Je ne cherchais pas une personne hyper intrusive dans mon séjour new yorkais, elle était occupée à écrire pendant de longues nuits dans son salon, on y trouvait chacune son compte, des fois à mon retour à 5h du matin, une tasse de thé m’attendait, et je la savourais en regardant la pluie laver les grandes baies vitrées du loft, et le son des doigts fins de Laura sur la clavier de son ordinateur.

Nos plannings n’étaient pas très compatibles, je sortais quand elle rentrait, je me réveillais quand elle s’endormait … Elle a essayé de me proposer des cafés dans le East village avec elle, je n’ai jamais réussi à rentrer assez tôt de mes virées nocturnes …

Jusqu’à mon dernier weekend à New York, où ils annonçaient une grosse tempête, je n’ai pas traîné dans les rues, c’était mon dernier jour dans la ville pomme , j’ai acheté des fleurs dans le Dali pour Laura et je suis rentrée me réfugier à la maison, j’ai mis les fleurs dans un vase, mis l’eau sur le feu et attendu que Laura rentre de sa balade …

Nous avons bu du thé au jasmin, elle a vu les fleurs, porté sa main à son cœur et dit : « Oh Leila, des tulipes en plein mois de septembre, comment tu as fais ? »

J’ai dis que je n’avais aucun mérite, que visiblement le Dali du coin avait ses entrées, ou qu’il congelait les tulipes en Avril pour les sortir en Septembre …

Elle s’est levée, avec cette manière hyper théâtrale qu’elle a, qui rend chaque geste, hyper grand, hyper beau, et qui te plonge comme dans un spectacle, et me dit: « I MUST give you something ! »

Elle a couru avec légèreté vers sa chambre et est revenu avec un livre à la main, m’a pris les deux mains et l’a posé,  m’a regardé dans les yeux et a dit : « - « The robe of love » for you Leila, 9eftane l7oub, it’s a morrocan fairytale »

Son titre prononcé en marocain, dans un loft new yorkais, tenu par une américaine a eu un effet direct sur mon cœur, je l’ai pensé, et je l’ai dit : « J’ai du traversé l’atlantique pour connaitre une histoire marocaine ? »

Elle a dit : « Well, l’amour n’a pas de pays Leila .»

Ses yeux ont brillé, et je ne sais pas si ça vous arrive ou si ce qui suit va « sonner » bizarre, mais moi, à cet instant précis, j’ai eu comme une connexion directe avec le cœur de cette femme, une chaleur rassurante m’a rempli de cœur. La tempête battait son plein à l’extérieur, j’étais dans cet espace temps infini et indéfini, connectée à cette femme qui m’a parlé de sa vie, comme un livre ouvert, pendant des heures, elle m’a expliqué son « travail », comment elle voyage pour raconter des contes à travers le monde, comment elle aime Paris, mais aussi comment Paris est lié à un homme, qui lui a brisé le cœur. En général, j’ai de la pudeur (ou j’avais) à demander aux gens de me parler de leur peine de cœur. Mais dans le cas de Laura, je n’ai même pas eu à demander, elle a raconté comment pendant des mois de « présentation » à Paris elle parcourait la ville, le soir avec l’homme qu’elle aimait, il venait la chercher à la fin de son spectacle; et ils marchaient le long des quais pour rentrer à la maison, jusqu’au jour où il a su qu’elle était de confession juive, il l’a traité de tous les noms, accusé de mensonge, et l’a quitté ..

Arrivée à ce stade de l’histoire sa voix s’est étouffée et elle a dit : « Mais moi Leila, je n’ai pas menti, je ne savais juste pas que ma religion avait de l’importance pour lui … Il a perdu sa famille dans la guerre au Liban, et a dû quitter le pays avec sa sœur … et je lui rappelais trop le peuple qu’il lui a enlevé les siens … »

A son ton, on pouvait deviner que la blessure n’était pas encore fermée, et pourtant, cette histoire remontait à 10 ans.

J’ai dit : « Parfois j’ai peur qu’on ne se remette pas de certaines blessures …

Elle m’a pris la main (je trouve que les gens ne se prennent pas assez la main, alors que c’est le geste le plus tendre qu’il soit !) et a dit : « Ne t’inquiète pas, un cœur qui n’a pas de cicatrices, et un cœur qui n’a pas aimé. »

Je pense que je me souviendrai toute ma vie de cet instant, de ce regard plein de tendresse, de cette main qui a serrée la mienne, comme si elle avait vu au plus profond de mon être … nous sommes restées là, à nous regarder, je savais, qu’à cet instant précis, quelque chose s’ouvrait dans mon cœur, quelque chose qui allait me transformer , mais ça je ne savais pas encore.

J’ai du quitter Laura, je prenais le vol de minuit pour Paris, elle m’a prise dans les bras comme on sert son enfant, on s’est donné RDV à Paris pour Noël.

Dans l’avion qui me ramenait à la ville lumière, j’ai dévoré les contes de Laura Simms en 8h de vol, je pouvais la voir entrain de mes les raconter avec sa voix douce, et arrivée au dernier conte, mon cœur s’est arrêté !

La dernière histoire du recueil de Laura était la sienne, celle d’un amour incroyable, né un soir d’été dans la campagne anglaise, elle racontait ses contes sous une tente, quand une abeille s’est glissée sous sa jupe et l’a piquée à la cuisse, elle a du contenir sa souffrance, et continuer son show. Après une heure, elle est sortie chercher de l’aide et trouva sous une tente un vendeur d’écharpe et de chapeau tibétain, en pleine campagne anglaise par un mois d’août ce n’était pas un business très fructueux, et chez le tibétain se trouvait un homme, à la seconde où leurs yeux se sont croisés elle a su !

Ils passèrent le reste de son séjour anglais ensemble, ensuite elle passa les 6 mois suivants à faire des allers retours New York Londres pour être avec lui, elle écrivait avoir dépenser tout son argent et dit non à plein de projets pour vivre cette histoire, et quand ce fut à son tour de venir la voir à NYC, il a disparu … elle passa des mois et des mois à le chercher et le pleurer …

Un soir d’hiver en Israël, un bombardement a fait annulé son spectacle, elle pris un vol qui faisait escale à Londres, et par un fabuleux concours de circonstances, elle le rencontra ! Il lui expliqua qu’il partageait sa vie avec une femme depuis des années, qu’il était bel et bien tombé amoureux d’elle mais qu’il ne s’est pas résigné à dire la vérité à l’autre femme, que partir à NYC aurai voulu dire la fin de son histoire actuelle … et que prendre une telle décision l’aurait détruit !

Laura a écrit, qu’elle a réalisé à cet instant là, qu’elle aurait du mal à se remettre de cette romance en particulier, elle en pleura des mois, et en perdu le sommeil, elle ne comprenait pas, pourquoi, cette fois-ci, son cœur n’arrivait pas à se réparer, elle écrit:

« Dans cet hôtel en Angleterre, je me suis allongée par terre, et me suis faite la promesse d’arrêter ma poursuite de l’amour.  J’ai pris la décision de chercher en moi-même ce que je croyais trouver chez quelqu’un d’autre, je ne tomberai pas amoureuse avant d’être guéri, avant d’avoir trouver ou retrouver la partie de moi-même que j’ai abandonné dans ma recherche douloureuse d’amants blessants et blessés. Je rencontrerai l’amour, avant de tomber amoureuse ! »

J’ai tourné la dernière page du livre de Laura, les gens dormaient dans cet avion, dans ce calme en dessus de l’atlantique j’ai porté le livre à mon cœur. Il est sur ma table de chevet depuis , des livres viennent et partent de cette table, mais celui là reste. Je n’ai plus jamais revu Laura, son voyage à Paris est tombé à l’eau à cause d’une chute d’escaliers, et à chaque fois que je repartais à NYC je me laissais emporter par la ville. Et ce n’est pas très grave que je ne la vois plus…

 

Je crois sincèrement qu’il y’a des gens que Dieu met sur notre chemin pour une raison, grande ou petite, des gens qui restent, ou qui partent une fois leur mission terminée. Laura m’a ouvert sur une partie de moi-même que je ne soupçonnais pas, sans s’en rendre compte, elle était dans ma vie à cet instant précis où je commençais ce travail sur moi-même, qui commençait de la manière la plus terrifiante pour moi à l’époque : Voyager seule pendant 2 semaines. Et j’y pense encore aujourd’hui, parce que je réalise que « l’ombre de dieu »  » la main du destin » « le hasard » a mis sur mon chemin des personnes, qui m’ont changé. Un homme fabuleux qui habite de l’autre côté de l’atlantique à qui j’ai appris à être heureux et qui m’a appris à faire la différence entre aimer et être amoureuse, une Laura qui m’a appris qu’un cœur sans cicatrice est un cœur qui n’a pas connu l’amour, une jeune femme en Espagne qui m’a appris à « Couper le négatif et le libérer », le point commun entre tous ces gens ? Je les ai tous aimés, à la seconde où je les ai vu, j’ai su, et j’ai aimé ! Et je ne sais pas si c’était réciproque, et pour tout vous dire je m’en fous que ça ne le soit pas !

En ce beau matin ensoleillé, où que vous soyez, je vous souhaite à tous, que « l’ombre de dieu » la main du destin », connu sous le nom du « hasard » mette sur votre route une Laura qui vous racontera une histoire venue de chez vous, qui vous ramènera à vous.

Une marocaine amoureuse

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«  So it is with the tales that we read, and the tales of our own lives that we choose to tell. In the visceral imained reliving within of these tales, our capacity for love is stretched and opens beyond convention or the limits of what we have thought possible. That is the gift of the story. That is the Robe of Love » – « The robe of LOve » Secret instructions for the heart By Laura Simms 

4 Comments

  • Répondre mars 15, 2014

    Shems

    Laila, je souris quand je te lis :)

  • Répondre mars 15, 2014

    Awa

    Moi je l’ai trouvé ma Laura, ici

  • Répondre avril 3, 2014

    Kévin

    Bonjour leila, je viens de découvrir ton blog via une amie et il faut dire que j’ai passé le week-end à dévorer chacun de tes articles, je m’imaginais vivre chacune de ses expériences et il faut dire que je t’envie. Merci pour ce post, il m’a fait découvrir un merveilleux livre qui comme tes écrits m’a transporté vers un autre monde.
    Au plaisir de lire ton prochain article.

  • Répondre mai 8, 2014

    HazardS

    Aujourd’hui, journée de m***, ma voiture ne démarre pas, suite à une simple remarque je fonds en larmes devant mon chef, encore une de ces journées où on essaie juste de trouver un sens à sa vie alors qu’au fond tout va bien. J’ai besoin de distraction, alors je pense a faire un tour sur ton blog, car tes articles me font sourire et me remontent le moral. Comme par hasard…, je tombe sur cet article. Et ça va mieux, comme une éclaircie. Finalement, lorsqu’on switch d’état d’esprit, on se rend toujours compte avec un peu de recul qu’une situation que l’on semblait mauvaise est finalement une opportunité. Et que le hasard ou la main de dieu, nous permet juste de nous y retrouver, de nous remettre sur une piste qu’un ne voyait pas ou de nous ouvrir une porte que l’on pensait fermée. Ce sont les petits bonheur de la vie…
    Et je suis heureuse que tu aies le style la forme et la fraîcheur de coucher sur papier ces petites pépites de vie afin que certaines ou certains qui n’y croyaient plus se sentent réconfortés! Merci Leila Des bisous

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