The pursuit of happyness….

Garance Dore pour Tiffany

Garance Dore pour Tiffany

19h à Montréal, je rejoins Félix pour faire les courses, il nous fait à manger ce soir, il fait beau, ça sent la fin de l’été , on sent l’automne venir , mais le soleil et la chaleur lutent encore , en vain dans cette bataille perdue d’avance….

Quand une évidence me frappe, et que je dis : Félix, je pense que je pourrai être une femme au foyer, faire à manger , écrire un livre , faire les courses , et prendre soin de mon homme et de mes enfants, je pense que ça me rendrait heureuse 

Il a répondu : « Combien de temps ça va durer ce bonheur ? »

J’ai dit:  » Combien de temps ça dure le bonheur ? « 

Il m’a souri et a dit :  » on vient de trouver le titre de ton livre chérie « …

On a acheté du fromage, choisi un bon steak de thon, choisi du bon pain, et on a marché vers la maison, avec les première goûtes de pluie, et j’ai pensé : C’est ça le bonheur …

ça ne tient à rien, et dure le temps que ça dure …..

Ce soir là, les orages ont éclaté vers minuit, on s’est assis dans son balcon, moi nichée dans mon gros pull en laine, lui habitué au grand froid ne branchait pas … et j’ai regardé l’éclair éclater dans le ciel , Sade chantait en boucle dans le salon, je voulais saisir chaque instant de ce soir, le garder en moi parce que c’était ça le bonheur …

Vous savez comme on dit souvent que le bonheur ne tient à rien ? et bien figurez vous que c’est vrai.

Mes moments de bonheur les plus intenses ne tenaient à rien, ma formule : ça vient du fond de soi- même d’abord, ensuite des gens avec qui on est , ensuite de l’endroit où on se trouve 

mais si les deux premiers éléments de la formule sont absents , on a beau être dans l’endroit le plus magnifique du monde le bonheur ne sera pas là …

Hier , à New york, j’étais dans un bar avec plein d’amis d’amis, dans cette ville c’est facile de dire « we’re friends » mais personne n’est vraiment amis avec personne, je regardais ces nouveaux « friends » chacun se vantait de ce qu’il avait, d’avec qui il sortait, et à chaque fois que quelqu’un arrivait on me présentait comme : La parisienne en visite à NY et just like that je devenais le centre d’attention… et j’écoutais ces gens s’intéresser à moi et me parler de leurs vies, et de leur amour pour la France, et il y’a cet homme en particulier qui vient de sortir d’un divorce et qui criait à qui voulait l’entendre qu’il n’a jamais été aussi heureux d’être libre, son regard a croisé le mien, et je ne sais pas pourquoi, la question est sortie de ma bouche:  » Tu l’aimes toujours hein? « 

et just like that, son « faux bonheur » et sa « fausse lumière » dans les yeux s’éteignaient ….. il a répondu par un oui honnête et s’en ai parti oublier cette fille dans le bar qui a vu son « mensonge »

J’ai pris ma veste , fais des câlins à ceux dont je me rappelais le nom, j’ai marché vers mon chez moi new yorker ….. et j’ai pensé que le bonheur le plus « pur » ne pouvait venir que du fond de nous même , ça ne tient à personne, ça tient à la « paix  » qu’on trouve ou qu’on ne trouve pas au fond de nous , est ce qu’on se suffit à nous même ? si oui , c’est comme un bon plat de saumon, le saumon se mange bien seul, mais ajoutez d’autres ingrédients , dans mon cas se sont les gens, et vous obtiendrez un saumon encore meilleur …

 

Tilila m’avait dit: It’s all about the people . Et c’était plus une confirmation qu’une question, c’est comme si elle venait de se poser la question, et d’y répondre en même temps , et je suis assez d’accord avec elle , entourez vous, et entourez vous bien

 

Trouvez ces gens qui ajoutent le meilleur du goût à votre saumon, trouvez ces petits moments de vie qui vous rendent heureux et collez vous y ! 

Regardez moi, cuisiner me rend la plus heureuse des femmes, acheter du formage, choisir des fraises dans le marché, sentir le romarin, écouter un vieux disque, regarder ma petite soeur dormir , parler avec un inconnu de mon pays, entendre mon prénom prononcé par mon homme , me couvrir la nuit car une brise a soufflé par ma fenêtre , chantait une chanson de scoute avec mes potes dans les rues, regarder un coucher du soleil en silence…

Le bonheur est un livre qui laisse notre thé refroidir 

C’est un pain au chocolat posé sur ma table à Paris avec un post it : Welcome back home 

C’est une chanson des années 80 un soir d’été 

C’est la lumière de fin de journée sur une ville qu’on aime…

C’est un « souper » un soir d’automne avec des gens qu’on aime ..

C’est le reflet de nous-même dans les yeux d’une personne qui nous aime 

C’est une odeur de coriandre un jour de ramadan 

Le bonheur est un carré de chocolat noir à côté d’une tasse d’espresso …

Félix avait raison de poser la question : Combien de temps ça dure le bonheur ?

On en a reparlé encore et encore pendant nos longues nuits montréalaises, et on a trouvé une presque réponse : Est il vraiment important de savoir combien ça dure? qu’est le temps quand on l’a enfin vécu ? 

Une marocaine pensive

2 Comments

  • Répondre septembre 23, 2013

    Asha

    Love to read you. It is so true life is so.continue to write.asha

  • Répondre octobre 1, 2013

    Mia

    « Qu’est le temps quand on l’a enfin vécu… » j’en ai la chair de poule …MERCI

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