God’s game …

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Un de mes très très bons  amis a subit une blessure dans sa jeunesse , qui l’empêche depuis de faire ce qu’il aime : Jouer au basketball.

Depuis, sa vie a littéralement changée, son seul « focus  » était de se remettre en forme et pouvoir une nouvelle fois courir sur un terrain de basket, il me dit : « Tout le monde m’a dit que c’était impossible que ma cheville s’en remette , et j’allais me faire une raison, et un jour j’ai remis le pied dans un terrain de basket et j’ai su que jamais rien ne me rendrai plus heureux dans la vie que de rejouer au basket …et à cet instant là, j’ai décidé que je ferai tout ce qui était en mon pouvoir et plus , pour que ça se réalise … »

Cela fait bientôt quelques mois , qu’il arrive enfin à s’entrainer, la personne que je vois après un entrainement est toujours « différente », rien ne l’affecte, atteint de ce syndrome de bonheur intense qui fait que rien n’y personne , ni aucun événement puisse le toucher et changer son mood….

Hier, la lumière s’est éteinte dans ses yeux , il revenait de son entrainement et m’a dit :  » Leila, J’ai atteint la limite, j’ai atteint la limite de ma « cheville » , ça n’ira pas mieux, je ne serai jamais mieux … that it is . »

Des fois , les mots ne servent à rien… des fois il suffit d’écouter , des fois il FAUT se contenter d’écouter … je n’ai donc rien dit… j’ai écouté ….

- Leila, quand je joue au basket, rien ne peut m’affecter, rien n’est aussi important, quand j’ai ce ballon dans les mains quand je cours sur le terrain…. cette sensation , rien au monde ne peut me la procurer …. et dieu sait que j’ai essayé, j’ai joué au foot, j’ai joué au football américain. Parfois je me disais que je préférais mourir que d’essayer de faire ce qui est impossible , mais à chaque fois que j’essayais d’arrêter mon coeur m’en empêchait, parce que ce n’était pas la bonne chose à faire, et quand j’ai enfin réussi à courir , et lever des poids je me suis dit que c’est déjà un entrainement en soit et que je devrai m’en contenter, et puis un jour j’ai posé le pied dans un terrain de basket et j’ai su instantanément que je donnerai jusqu’au dernier souffle pour pouvoir rejouer encore, et aujourd’hui je l’ai senti, ce mur auquel je me cogne … la limite de ma cheville …

J’ai essayé de trouver son regard et j’ai dis : – Peut être qu’il faut essayer encore ?

Il a mis ses mains sur la table d’un geste nerveux et a dit : – Mais pourquoi? pourquoi c’est aussi dur ? j’ai déjà tout donné , normalement, quand on donne autant, il faut que ça marche, il le faut …

J’ai voulu mettre ma main sur la tienne, mais me suis retenu, j’ai juste dit : S’il le FAUT, alors ça se fera …

Il a enfin levé les yeux pour me regarder et a dit : – Well said L, well said …

 

Il avait atteint son moment de tristesse pour lequel je n’avais aucun remède, on a arrêté de parler, mais on est resté là pendant des heures à écouter nos silences …

Je ne peux pas l’aider, je ne sais pas ce que c’est de croire et aimer autant une chose dans la vie, il fait partie de ces rares personnes que j’ai rencontré dans ma vie qui sont « Extrêmes » dans un bon sens  , qui ne savent pas lâcher prise, qui se battent pour ce qu’ils croient, le jour où il a décidé de quitter son job il l’a fait en 2 temps 3 mouvements, sans ciller, m’avait dit : Plus jamais je ne bosserai pour des gens en lesquels je n’ai pas confiance!

Et ce qui est dur avec les gens de l’extrême, les gens du « blanc ou noir no inbetween » c’est que quand ils sont entre le NON et le OUI ils sont des plus inconsolables du monde…

Aujourd’hui, j’ai mis mes sacs dans ce taxi jaune qui me ramène à JFK, lui est demandé de faire un détour,comme je fais à chaque fois que je quitte NYC , je pars lui dire au revoir .

Et cette fois j’avais enfin les mots, et me suis pas contenté du au revoir ….

- Ma grand mère est née dans un petit petit village au fond du Maroc, mariée très jeune, quand son deuxième mari est décédé, elle a décidé de ne plus se remarier, malgré son jeune âge et la pression sociale que le village lui imposait. Son but dans la vie était de donner une éducation à ses 5 enfants , chose qu’elle n’a pas eu la chance d’avoir . Tous les matins elle se levait au aurores et marchait les plusieurs kilomètres qui la séparaient de la ferme du couple français pour lequel elle travaillait, elle me disait : « Souvent, voir plusieurs fois par semaine, ça m’arrivait de tomber sur le chemin, (petit gabarit ma grand mère), et à chaque fois que je tombais je me disais : C’est ça le jeu avec dieu , il veut savoir « How bad I want this » , et juste comme ça je me relevais et continuer le chemin » . Et parce que cette femme n’a pas perdu le « jeu avec dieu » , je suis aujourd’hui ici à New York , et pas dans un petit petit village au fond du Maroc  »

Il m’a souri

Je l’ai pris dans mes bras et dit : « Dont lose the game N  »

Il a répondu : I wont L, I won’t ….

Tout ce que je peux vous dire c’est : Sachez ce que vous voulez vraiment vraiment dans la vie, trouvez cette chose que vous aimez, battez vous pour l’avoir  et ne perdez pas le jeu avec dieu ….

Une marocaine gratefull

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