Flashback : Carioca february

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14 février 2103

Il fait 33 degrés, on vient d’atterrir, en short et tongs, on s’impatiente avec ma sœur… Le policier prend nos passeports, et dans un sourire ( de OUF pour les pauvres parisiennes que nous sommes devenues ) nous dit :  » Welcome to Brazil !  »

On saute dans un taxi, le chauffeur nous demande si on est arabes, et part dans une « récitation » douteuse des chiffres. On est aux portes de Rio, les gens dansent dans les rues, le soleil s’est couché depuis quelques minutes, le carnaval bat son plein, les déguisements les plus beaux défilent devant nous, les gens bloquent les taxis, improvisent des pas de samba furtifs, et continuent leur chemin, Paris semble loin, New York semble encore plus loin dans ma tête de Carioca. On dépasse Copacabana non sans trop de peine, on traverse des foules et des foules, notre chauffeur descend sa vitre et nous dit : « Merhaba au Brésil ! » On est heureuse, on nous a dit bienvenue pour la deuxième fois en moins de deux heures, ça me change du douanier américain qui me crie dessus comme si j’étais la nièce d’Oussama …

On arrive devant notre appartement pour la semaine,

Une tête sort de la fenêtre du 4éme étages et crie :  » Bienvenida a Brazil  bitches « !!!

Mehdi est là, un verre à la main, un costume de roi africain sur le corps, il me sourit… Je me sens à la maison…

En moins d’une heure, nous étions prêts pour prendre la route du sambodroma faire notre premier défilé pour honorer notre « école de danse » en ne sachant pas danser un pas de samba et en parlant zéro mot de portugais (sauf Lamia elle savait dire karaï). Le cœur de Rio bat la chamade, on oublie qu’on a fait 12 heures de vol, on oublie qu’à Paris il fait -4°, j’oublie mon chagrin d’amour. On passe sous une favela, j’entends un son de tir de balle. Personne ne réagit dans le taxi, moi je crie :

- People !! Est ce que c’est ce que je pense que c’est ???

Mehdi, imperturbable, répond en allumant une clope : » tu veux dire un tir ? Oui c’est ça. »

Ma sœur panique : « Et ça choque personne là?? Parce que j’ai pas payé 1000 boules pour mourir dans un tunnel au Brésil moi. Voyez vous, j’aurai pu partir à Marseille pour ça ! moins cher et plus efficace ! »

Mehdi part dans un fou rire et dit : « Ça vous enseigne une première leçon mes poules : La vie peut partir à n’importe quel moment, just like that (en claquant les doigts) ! À Rio comme partout dans le monde, les Carioca l’ont compris c’est pour ça que c’est la fête tous les jours … » Il s’est alors retourné, et avec son plus beau sourire nous a dit : « les filles, welcome to party land !  »

Et it was party land indeed, on a suivi les blocos de rues, pris des inconnus dans les bras, applaudi le coucher de soleil, jouer à question pour un champion sur le sable. Nous nous sommes amusés à nous noyer les uns les autres, pris des photos avec Jésus, mater des mecs en string sur la plage, décomplexé du cul à la vue de ces femmes rondes en trikini, vu des étoiles filantes, fumer de la marijuana en écoutant Bob. Nous avons pris des routes de montagne pendant 4h pour arriver sur un oasis caché préservé du monde brésilien, manger du poisson à devenir Gweneth, et puis danser pieds nus sur le table à la lumière de la lune.

Et moi, j’ai surtout, surtout appris à cacher mes peines de cœur et profiter de l’instant parce qu’à Rio comme partout dans le monde la vie peut partir, juste comme ça …

Une marocaine en 2013

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