Flashback : Unsweet january

katerina plotnikova

 

1er janvier 2013 …

Je me réveille en sursaut, dans un geste d’anxiété cherche mon téléphone, je veux connaitre l’heure.. il est 8h
D’un bond, je saute de mon lit, j’ouvre la porte de ma chambre, et je cours dans mon salon…… je cours dans mon salon vide …
Il est 8h, son avion décolle dans 15 minutes, il est parti, je ne lui ai pas dit au revoir , son odeur est partout, son absence est partout, je m’assoie sur mon canapé, comme atterrée par ce coup que je viens de me prendre à l’estomac … j’ai l’impression qu’on m’arrache le cœur et les tripes … et qu’on me jette .. Là…seule… triste… vidée…

Je prends son oreiller dans mes bras dans un geste de mélodrame , je ne ressens pas l’envie de pleurer … je n’en ressens pas le besoin… je suis vidée… et c’est le seul sentiment que j’ai …
Le soleil a pointé le bout du nez, pour un premier janvier à Paris, c’est un cadeau du seigneur … il est 10h, je suis toujours sur mon canapé … bras serrés autour de mes jambes … je regarde ma rue vide , je regarde mon salon vide, et j’essaie , en vain de recoller mes morceaux, on est le 1er janvier et cette année ne peut pas commencer par autant de tristesse !!! Cette tristesse ne donnera pas le ton de 2013… Mais mon cœur me fait mal…. mon estomac se noue et se dénoue, et je reste plantée là…. à regarder ma rue vide … et à scruter le ciel … dans l’espoir de voir cet avion qui traversera l’atlantique, avec à bord cet homme …. Cet homme qui emporte avec lui, mes espoirs de 2013 ….

Il est 10h30, ma sœur se réveille, je fais bonne figure … je souris..je fais le café

Dans des geste mécaniques, je prépare des pancakes … dans des gestes mécaniques je place des blagues,
Dans des gestes mécaniques, j’essaie de cacher mon désarroi,
Et entre son 2éme et 3éme café ma sœur me dit : « Habille toi, j’ai une surprise pour toi! une surprise qui te sortiras de cette tristesse trop triste »
Je la regarde, et je lutte contre mes larmes : » Est ce donc si visible? »
Elle me répond avec son dédain : « Si après 18 ans je ne sais pas reconnaitre un faux sourire d’un vrai c’est qu’on a peut être raté cette histoire de famille … PLUS j’ai pris les billets y’a un bon moment déjà je sentais que j’allais te récupérer dans cet état à son départ… »

On arrive devant l’expo Van Gogh rêves de japon, je m’arrête et dis: « Mais tu n’aimes pas les musées ! »

Elle me dit: « Enjoy, j’ai pris deux calmants avant de sortir, je serai stone, ça passera ! »

Et entre Marie Thérèse et un asile psychiatrique le trou dans mon cœur semblait se réduire…

Mais le soir dans mon lit, je scrutais mon mur blanc comme il m’a appris de le faire … je n’arrive toujours pas à pleurer… Je suis là, dans cet espace temps, et je perds petit à petit la notion de temps …. je me rappelle chaque détail, chaque moment, chaque mot, chaque sensation … je me rappelle de lui… de moi autour de lui… je me rappelle de nos longues marches dans Paris, de nos nuits blanches qui se terminaient toujours par lui qui me mettait dans mon lit, et qui revenait me réveiller 3h après pour que j’aille bosser …..
Je me rappelle de son regard, de sa grande déclaration…
Je me rappelle de ces yeux d’un noir profond qui m’ont regardé et qui ont dit: « You are beyond « définition », what you are to me… is beyond définition …. »
Et je me rappelle de ces mêmes yeux, qui ont changé d’avis ….

Quand on est au bout du gouffre, on s’engouffre encore plus … on cherche ce qui nous fera encore plus mal … et dans notre recherche de « réponses » à nos questions on se retrouve à se ressasser des rêves et des souvenirs, qui nous font plus de mal que de bien…. mais on le fait quand même parce qu’à ce point là, de nos vies, ces souvenirs qui font mal sont tout ce qu’on a ……

Je ferme les yeux, et je me rappelle de la première fois où je me suis dis : « Cet homme est spécial ! »

On était dans un bar à New York, je mettais cette robe bleue bustier , j’attend que le barman se libère pour ma commande quand un homme vient me parler , je ne suis pas anxieuse, mais je n’aime pas qu’on m’aborde dans des bars… j’écoute le jeune homme dragueur d’une demi oreille, je lève les yeux vers la table de mes amis, et je le vois, assis, là au milieu, son regard veillant sur moi, d’un geste il me demande si j’ai besoin qu’il intervienne, je fais non de la tête … au fond de moi je souris… et c’est à ce moment là que je sais …
Je sais que quelqu’un d’exceptionnel vient d’entrer dans ma vie…
Je le sais, avec la conviction du croyant
Je le sais avec une certitude que je ne saurai jamais traduire, ni définir… je le sais … un point c’est tout

Et me voilà aujourd’hui, un an après, seule dans mon lit, par cette froide nuit parisienne, à accueillir la nouvelle année avec un trou dans le cœur, des cernes sous les yeux, et des souvenirs assassins plein la tête …
Et si j’ai des doutes sur comment cette année va se dérouler, j’ai zéro doute au sujet de cet homme, j’ai zéro doute sur ma conviction d’il y’a un an, je savais il y’a 12mois, je sais toujours aujourd’hui, malgré ce trou dans mon cœur.

Mon téléphone sonne, je viens de recevoir un email… son nom s’affiche, une centaine de lignes s’enchaînent sur mon écran.. ma main tremble….mon cœur s’emballe…

Janvier commence fort …

Une marocaine en 2013

1 Comment

  • Répondre décembre 4, 2013

    MUP

    Miss Leila,
    Que dire…tes mots m’ont secouée. « des souvenirs assassins pleins la tête » cette phrase résume tout ce qui me ronge : un amour que je dois enterrer au fond de moi car je ne lui fait plus confiance, m’a trahi…et pourtant je n’arrive pas à détester…même si j’ai tous les arguments pour.
    J’essaie de tourner la page et j’espère que la nouvelle année me sera salutaire…. J’espère que ce sera la même chose pour toi…

    Je te souhaite et je me souhaite donc une année 2014 pleines de santé (toujours en premier), d’amour enfin trouvé (des youyous avant le 12/2014 ;-) ), et de zen attitude.

    Tu as le don de mettre les mots justes pour décrir les/tes sentiments. c’est une preuve de courage.

    Te lire est toujours un plaisir.

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